
Il y a 13 14 ans, le 30 octobre 1995 avait lieu le dernier des référendums pour tenter de faire sécession. Gagné par le le camp du Non par une faible marge.
Malheureusement, selon certains séparatistes, il faut continuer jusqu’à ce qu’un alignement des planètes, un scandale (fabriqué à la Parizeau), ou une question référendaire tordue leur permette d’avoir 50%+1. Ce qui serait de toute façon insuffisant selon la loi sur la clarté référendaire, qui requiers les deux tiers (66%) comme la plupart des décisions importantes en démocratie.
Revenons sur le référendum lui même, et particulièrement les accusations régulières des séparatistes comme quoi ils se seraient fait “voler” le référendum.
Richard Le Hir, ministre péquiste en 1995, avait fait produire les fameuses études qui devaient “prouver” la viabilité de la souveraineté et qui n’ont jamais été publiées, parce que défavorables. En 2005, il écrit un texte, intitulé :
Pour en finir avec 1995, dont voici un extrait:
Il faut trouver le moyen de bloquer le vote des tenants du Non. La discussion s’engage et c’est à qui proposera le plus de trucs pour neutraliser le vote du camp adverse.
A un moment donné, un député propose que les syndicats, très expérimentés en la matière, soient sollicités pour fournir des scrutateurs de choc pour endiguer la mer de Non qu’on anticipe dans le West Island, de façon à rétablir un peu l’équilibre entre les deux camps. Plusieurs renchérissent. Monique Simard et Guy Chevrette (qui à titre de leader parlementaire joue un rôle important dans les réunions du caucus) se portent volontaires pour approcher les syndicats à la requête du caucus. Tous deux issus des milieux syndicaux, ils y ont, disent-ils avec un air entendu et un clin d’oeil, d’excellents contacts !
Au lendemain du référendum, les médias rapportent des allégations d’irrégularités dans les bureaux de scrutin du West Island. De nombreux citoyens se plaignent de n’avoir pu exercer leur droit de vote et l’on rapporte la présence inusitée de militants syndicaux sur les lieux des bureaux de scrutin. Aucune des enquêtes instituées ne conclut à des irrégularités. Pourtant…
Il y a aussi eu un scandale à propos de bulletins de votes rejetés
(extrait de wikipédia):
Quelques 5 426 bulletins de vote ont été déclarés nuls dans la circonscription de Chomedey, soit 11,6 % de tous les bulletins. Comparativement, la moyenne dans l’ensemble du Québec était de 1,8 %. On a même vu dans un des bureaux de scrutin seulement 130 bulletins déclarés valides et 152 annulés[3].Dans Marguerite-Bourgeoys, 5,5 % des votes ont été annulés et 3,6 % dans Laurier-Dorion. La publication de ces chiffres a fait scandale, surtout dans les médias anglophones.
Utilisant les moyens mis à sa disposition par la Loi électorale québécoise, le DGEQ, Pierre F. Côté, a conduit une enquête et ordonné l’ouverture des boîtes de scrutin pour soumettre les bulletins à l’examen d’un juge, Alan B. Gold. Suite à l’analyse, Pierre F. Côté porta plainte contre 31 scrutateurs pour avoir rejeté de façon déraisonnable des bulletins de vote.
Le député libéral Thomas Mulcair ainsi que des universitaires de l’Université McGill ont prétendu que le décompte des votes avait été frauduleux dans tout le Québec le soir du référendum et ont reproché au DGEQ de n’avoir pris action que contre quelques personnes.
Le rapport du DGEQ conclut que plusieurs votes ont en effet été rejetés sans raisons valables, mais que dans l’ensemble, les irrégularités étaient isolées. Deux scrutateurs ont été poursuivis par le DGEQ en 1996, mais ils ont été jugés non coupables par la Cour du Québec. Cette cour a conclu que les scrutateurs n’avaient commis aucun acte criminel et que les votes rejetés ne l’ont pas été de façon frauduleuse ou irrégulière.
(Mon oeil!)
Quand au camp du Non, eux aussi auraient commis quelques irrégularités
(Extrait de Wikipedia:)
Dépenses du Comité pour le NON
La Loi référendaire québécoise indique que toutes les dépenses doivent être autorisées et comptabilisées par les comités du OUI et du NON après le dépôt du décret enclenchant la campagne. En 1995, les comités du OUI et du NON avaient chacun un budget autorisé de 5 millions de dollars canadiens.
Il est connu que le gouvernement fédéral du Canada a dépensé plus de 30 millions de dollars durant la campagne référendaire afin de favoriser son option, le fédéralisme. Par l’entremise de ses ministères, agences et sociétés d’état, le fédéral a entre autres organisé des rassemblements publics, acheté des espaces publicitaires afin qu’ils ne soient pas disponibles au Comité du OUI, empêché le Comité du OUI de diffuser une publicité à la télévision publique de Radio-Canada.
Pourtant les séparatistes ne se rappellent que d’une seule partie des faits, et continuent de clâmer que le référendum leur a été “volé”. Alors que dans les faits les deux camps ont commis des irrégularités. Personnellement je trouve beaucoup plus grave d’empêcher les gens de voter, ou rejeter leurs bulletins de votes que de payer pour des espaces publicitaires ou des autobus.
En fin du compte ça en dit beaucoup sur l’état de la démocratie au Québec. On se croirait dans un pays du tiers monde où des observateurs internationaux de L’ONU sont nécessaires pour valider s’il n’y a pas eu d’irrégularités.
Espérons que lors d’un éventuel prochain référendum (qui est peu probable) le tout se ferait sans irrégularités, comme ça ils ne pourraient plus dire que le référendum leur a été volé et on pourra enfin passer à autre chose.